La captation des lignes construit le centre de ma pratique. On peut voir ces lignes, comme des limites qui occupent notre vision de manière constante.
Je présente une série de peinture réalisée en 2010, Intersection. L’observation de zones en restructuration dans la capitale contient un potentiel qui m’apparaît comme des compositions artistiques à ciel ouvert. Je positionne des morceaux de bâtisses usées, de murs décrépis tels des cicatrices urbaines. Mes dessins se chevauchent sur la toile, s’entrelacent, se superposent évoluant vers l’abstraction. Entre jeu de couleurs et lignes de force, mes peintures jouent sur les accumulations chromatiques et graphiques issues de la ville en mouvement.
L’autre série, Envolées de limites est un prolongement du Meyasubako. Le Meyasubako est une installation artistique d’environ trois mètres carrés qui trouve son origine dans la spatialité japonaise. L’un des procédés technique mis en place était le suivant ; des rectangles de bois servaient de matrice aux empreintes présentent sur les shojis (cloisons coulissantes.)
De l’observation de ces bois teinté au pigment rouge, j’aborde la matière en mettant en couleur les lignes naturelles qui apparaissent à la découpe du bois. Puis, j’interviens en dessinant des formes qui s’inspirent des graminées et des chemins.
Le lien entre les deux séries est ténu. Il se fait par la ligne, le chemin, l’observation des limites qui nous entourent. Ces limites entre le temps qui passe représenté par le fil du bois. Elles scandent le temps de croissance de l’arbre qui en est à l’origine.
Ce sont des limites infinies et variées qui occupent la vision.
A travers ces deux séries qui sont réalisées à douze années d’écart, je propose de regarder la structure des éléments du quotidien qui forme autant de possible. Ces lignes sont comme des limites, qui nous retiennent, nous rassurent ou nous enferment, comme un labyrinthe, un plan de ville, les lignes abstraites de la vie courante.
