à propos

Cette association a pour objet de fabriquer des intervalles de rencontre entre les disciplines artistiques et les domaines scientifiques, sociales et environnementales. Nous souhaitons déployer une mutualisation des connaissances avec une volonté de qualité, de justesse et de sensibilité. Les valeurs de partage et d’équité fondent nos projets sur le long terme.

  • Favoriser l’expérimentation artistique par le geste et la matière;
  • Faire des passerelles entre les disciplines artistiques, scientifiques et écologiques ;
  • Sensibiliser les publics à l’art contemporain en milieu rural;
  • Concevoir et diffuser des projets d’édition & radiophonique ;
  • Développer des relations aux échelons national et international, et plus particulièrement avec le Japon.

Chimères de pierres 25/08/18 – 27/08/18 # Corme-Royal

L’exposition de dessin appréhende la perception comme outil pour interroger notre regard sur des objets triviaux : une pierre.

Plus spécifiquement, les dessins de l’exposition révèlent la capacité de notre regard à exprimer la complexité de notre mental, c’est une réflexion sur la relation entre le réel et le perçu.

L’exposition s’immisce dans un contexte de fête du village. Les fêtes populaires sont des vecteurs de lien social, des moments de convivialité et de rencontre, mais aussi des champs de possibilité, où les apparences de la réalité peuvent s’inverser, se transformer.

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Papillon & Aurore / 2018
Peinture à l’huile & pigments sur papier / 29,7 x 42 cm

Faire des mères : Serais-tu plutôt cocotte ou mère poule ?

Dans la continuité de mes recherches sur l’altérité et l’intervalle, j’ai réalisé une œuvre éphémère détournant le livre de Nancy Huston Journal de la création. Cette installation in situ a été conçue pour l’événement « La rue aux enfants » situé sur le canal de l’Ourcq. Cette fête amène un lieu de rencontre et de mixité sociale qui est directement en lien avec mes réflexions artistiques. Le Cafézoïde a créé cette manifestation pour offrir aux enfants un espace de jeu et de liberté dans la ville.

L’auteur du Journal de la création évoque les mystères de l’amour, de l’inspiration et de la création à travers le récit de ses recherches sur les couples d’écrivains et le journal de sa propre grossesse. L’intégralité du Journal a été reprographié, puis sectionné afin d’obtenir des feuilles d’origami. Avec l’aide des festivaliers, dans une formule d’atelier, nous avons transformé ces bribes de texte en cocottes en papier. Cet objet relie à l’enfance, à la simplicité d’un geste connu mais parfois oublié. Ces temps de fabrication ont provoqué des conversations autour de la place de la femme ; le rôle des fêtes populaires ; l’apprentissage de l’autonomie et des limites.

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Nous nous sommes ensuite déplacés sur la passerelle reliant le quai de Marne et le quai de Seine pour y accrocher les cocottes ; les passants étaient également conviés à les y attacher. Ce passage, suspendu au-dessus de l’eau, offre un espace de respiration dans l’environnement très dense du quartier. L’installation a investi l’espace urbain par une manœuvre inattendue entre l’idée et l’expérience. J’ai convié les spectateurs à activer des souvenirs et des jeux de l’enfance auxquels chacun a prêté son propre poids symbolique : l’amour d’une mère ; l’importance de la liberté ; le fait de grandir.

Je privilégie l’expérience du beau en activant des phénomènes qui auraient pu rester de l’ordre de l’invisible et de l’intime: les fils de coton qui créent des dessins abstraits et évolutifs dans l’air ; les fragments du livre qui fondent une lecture vivante et décousue du texte.

Cette formule légère et prosaïque d’atelier, pour ensuite passer à la réalisation de l’œuvre in situ, constitue une immersion au cœur de la création. La forme de la cocotte est un objet graphique et simple qui ouvre des territoires d’expériences. En transportant cet objet improbable dans la ville, j’active des actions spontanées. Discrètement, j’apprête l’espace urbain pour que s’entrelace et se rencontre la diversité des cultures.

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Travail+Pont= Bonheur?

Cette œuvre fait partie d’une série d’installations s’inspirant des fêtes populaires. Elle a été réalisée en direct avec la participation du public sur la passerelle Léopold Sédar-Senghor.

Les fêtes populaires sont des vecteurs de lien et d’altérité. Elles rythment et scandent le temps par leur répétition en rassemblant les participants autour d’un thème simple. Ces moments se situent dans un interstice propice à la rencontre et à la félicité, offrant une temporalité en parallèle du travail, de la famille ou des loisirs. Robert Stadler dit de l’art populaire qu’il « naît loin des sociétés de consommation, basé sur la tradition d’un peuple échappant à la question du goût, du style et de la mode. L’art populaire est donc avant tout un art local. Décontextualisé, l’art populaire fascine par une curiosité désarmante (…) c’est la conscience de l’art contemporain. » Pour Gerard Deschamps « ce terme ne désigne pas seulement celui qui perpétue des traditions anciennes ou même récentes, il peut tout aussi bien qualifier un art qui trouve son public. » Je rajouterai ici, qu’il trouve sa place dans l’espace public, où les individus et les idées peuvent se rencontrer en toute liberté.

Pour la fête du travail, j’ai proposé aux passants ma réflexion sur le métier d’artiste : « Comment, par nécessité, les artistes sont-ils amenés à s’éloigner de leur domaine d’activité ? »

Le public était convié à réaliser des avions en papier avec mes CV, mes lettres de motivation et les offres d’emplois auxquelles j’ai postulé. Une fois les avions confectionnés, ils les accrochaient à la rambarde du pont. La question du travail était abordée avec humour et légèreté.

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Les passants étaient curieux, ils ouvraient les avions pour lire, ils s’interrogeaient sur la raison de ceux-ci: « Des vœux pour trouver un emploi ? Un employeur qui utilise une nouvelle technique de recrutement ? » Ils ont été sensibles à cette action. Lors du premier essai pour cette installation, j’étais toujours à la recherche d’un emploi. Les passants faisaient preuve d’encouragement et de soutien. Des conversations ont été initiées sur le statut de l’artiste, comment le définir, qu’est ce qu’un artiste ? Est-ce que la problématique du compromis face au travail peut être élargie à tous les corps de métier ?

Les participants étaient généralement accompagnés d’enfant, reléguant les activités manuelles au domaine de l’enfance. Réaliser un pliage d’avion en papier n’est pas une activité sérieuse, elle est donc pour les enfants. En témoignage du public : « Cette activité était l’occasion de ressentir ma capacité à participer à une production de façon autonome et de céder à ma crainte de l’échec en public qui me conduit si souvent à être passif. »

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Origine de cette installation :

A mon retour du Japon, j’ai décidé de me réinstaller sur Paris. J’ai commencé à chercher du travail en tant que médiatrice dans les musées ou les structures culturelles. Après quelques mois de recherche, puisque rien n’aboutissait, j’ai ouvert mon champ d’action à des métiers que j’estimais plus facile : assistante en communication, agent touristique, hôtesse d’accueil, serveuse, etc. J’extrayais de mes expériences les compétences qui étaient requises pour ces emplois. N’ayant toujours pas de réponse, je suis revenue vers mon cœur de métier en lien avec les arts visuels. J’ai postulé à une annonce pour être artiste-animatrice d’atelier d’arts plastiques et ma candidature a été retenue.

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Ce premier mai, la météo était orageuse avec un fort vent qui a donné de l’ampleur à l’installation, les avions s’envolaient réellement en se déchirant de leur point d’attache. L’aspect éphémère était très prégnant, je raccrochais continuellement des nouveaux avions, ayant l’impression de devenir Sisyphe ; comme trouver un travail adéquat, un recommencement perpétuel.

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La vigne sauvage et l’arc-en-ciel, Miyazawa Kenji

« L’arc-en-ciel ne put réprimer un sourire.

– Vous avez raison. Il est vrai qu’il n’y a rien qui ne change. Regardez là-bas le ciel de ce beau vert diapré de malachite. Bientôt le soleil passera, et lorsqu’il s’enfoncera dans les montagnes, l’horizon prendra la couleur des pétales d’onagre. Avant peu, les nuances terniront et céderont la place au reflet argenté du crépuscule. Puis viendra la nuit émaillée d’étoiles. Où serai-je alors ? Les belles collines que j’ai maintenant sous les yeux, les prairies se dégradent, puis s’effondrent. Mais si la Vérité* se montre à travers ce qui s’altère et se flétrit, le transitoire et l’éphémère, toutes choses alors possèdent la vie éternelle. Jusqu’à moi, qui ressens la même joie de recouvrir le ciel trois secondes ou trente minutes.

– Mais vous, vous resplendissez haut dans le ciel ! Les herbes, les fleurs, les oiseaux tous chantent votre louange !

– Il en est de même pour vous. Tout ce qui vient à moi et me permet de briller vous fait resplendir également. Les louanges qui me sont adressées vous sont pareillement destinées. Songez à Celui qui voit les choses dans la Vérité et qui n’a pas seulement tenté de comparer les lys des champs à un roi parmi les hommes à l’apogée de sa gloire * Car il a jugé à la lumière de la vérité et de l’éternité la prospérité à laquelle l’homme aspire. Dans cette lumière, le plus infime grain de poussière qui s’élève en même temps que les étranges nuages qui émanent de l’orgueil des hommes n’est pas inférieur au lys sacré des champs loué par le Fils de Dieu.

– Enseignez-moi la Voie. Emmenez-moi. Je ferai tout ce que vous voudrez !

– Je ne vais nulle part et vous ne quittez jamais mes pensées. Ceux qui vivent dans la même lumière de Vérité sont toujours unis et ne connaîtront jamais la ruine. Toutefois vous ne me verrez plus. Le soleil est à présent trop loin. Les pies grièches vont s’envoler. Le moment est venu de vous dire adieu.

Un sifflement strident se fit entendre du côté de la gare.

Les pies grièches prirent leur envol vers l’est d’un même élan, tels des instruments de musique éclatés saisis de folie, dans un vacarme assourdissant.

La vigne sauvage crié :

  • Arc-en-ciel, emmenez-moi ! Ne me laissez pas !

L’arc-en-ciel, estompé déjà, ébaucha un sourire à peine perceptible. Il était maintenant invisible.

Les reflets argentés du ciel se firent plus vifs. Les pies grièches menaient un tel tapage que les alouettes, un peu malgré elles, s’élevèrent à leur tour dans le ciel et grisollèrent d’un ton légèrement discordant. »

 

*En japonais, makoto. Terme pouvant signifier aussi bien la vérité que le renoncement au moi, voire la foi, dans son sens le plus large, qui n’était par pour Kenji un don mais une forme de volonté.

Sans adresses, Roland Barthes

Les rues de cette ville n’ont pas de nom. Il y a bien une adresse écrite, mais elle n’a qu’une valeur postale, elle se réfère à un cadastre (par quartiers et par blocs, nullement géométrique), dont la connaissance est accessible au facteur, non au visiteur : la plus grande ville du monde est pratiquement inclassée, les espaces qui la composent en détail sont innommés. Cette oblitération domiciliaire paraît incommode à ceux (comme nous) qui ont été habitué à décréter que le plus pratique est toujours le plus rationnel (principe en vertu duquel la meilleur toponymie urbaine serait celle des rues-numéros, comme aux Etats-Unis ou à Kyoto, ville chinoise). Tokyo nous redit cependant que le rationnel n’est qu’un système parmi d’autres. Pour qu’il y ait maîtrise du réel (en l’occurrence celui des adresses), il suffit qu’il y ait un système, ce système fût-il apparemment illogique, inutilement compliqué, curieusement disparate : un bon bricolage peut non seulement tenir très longtemps, on le sait, mais encore il peut satisfaire des millions d’habitants, dressés d’autre part à toutes les perfections de la civilisation technicienne.

 

L’anonymat est suppléé par un certain nombre d’expédients (c’est du moins ainsi qu’ils nous apparaissent), dont la combinaison forme système. On peut figurer l’adresse par un schéma d’orientation (dessiné ou imprimé), sorte de relevé géographique qui situe le domicile à partir d’un repère connu, une gare par exemple (les habitants excellent à ces dessins impromptus, où l’on voit s ‘ébaucher, à même un bout de papier, une rue, un immeuble, un canal, une voie ferrée, une enseigne, et qui font de l’échange des adresses une communication délicate, où reprend place une vie du corps, un art du geste graphique : il est toujours savoureux de voir quelqu’un écrire, à plus forte raison dessiner : de toutes les fois où l’on m’a de la sorte communiqué une adresse, je retiens le geste de mon interlocuteur retournant son crayon pour frotter doucement, de la gomme placée à son extrémité, la courbe excessive d’une avenue, la jointure d’un viaduc ; bien que la gomme soit un objet contraire à la tradition graphique du Japon, il venait encore de ce geste quelque chose de paisible, de caressant et de sûr, comme si, même dans cet acte futile, le corps « travaillait avec plus de réserve que l’esprit », conformément au précepte de l’acteur Zeami ; la fabrication de l’adresse l’emportait de beaucoup sur l’adresse elle-même, et, fasciné, j’aurais souhaité que l’on mît des heures à me donner cette adresse). On peut aussi pour peu que l’on connaisse déjà l’endroit où l’on va, diriger soi-même le taxi de rue en rue. On peut enfin prier le chauffeur de se faire lui-même guider par le visiteur lointain chez qui l’on va, à partir de l’un de ces gros téléphones rouges installés à presque tous les éventaires d’une rue. Tout cela fait de l’expérience visuelle un élément décisif de l’orientation : proposition banale, s’il s’agissait de la jungle ou de la brousse, mais qui l’est beaucoup moins concernant une très grande ville moderne, dont la connaissance est d’ordinaire assurée par le plan, le guide, l’annuaire de téléphone, en un mot la culture imprimée et non la pratique gestuelle. Ici, au contraire, la domiciliation n’est soutenue par aucune abstraction ; hors le cadastre, elle n’est qu’une pure contingence : bien plus factuelle que légale, elle cesse d’affirmer la conjonction d’une identité et d’une propriété. Cette ville ne peut être connue que par une activité de type ethnographique : il faut s’y orienter, non par le livre, l’adresse, mais par la marche, la vue, l’habitude, l’expérience ; toute découverte y est intense est fragile, elle ne pourra être retrouvée que par le souvenir de la trace qu’elle a laissée en nous : visiter un lieu pour la première fois, c’est de la sorte commencer à l’écrire : l’adresse n’étant pas écrite, il faut bien qu’elle fonde elle-même sa propre écriture.

 

Extrait du livre L’empire des signes de Roland Barthes.

Border line # 01

Cette installation a été réalisée sur la vitrine d’un magasin désaffecté. La surface vitrée a été transformée en un tableau noir en négatif.

Deux thèmes s’y entrecroisent : la cartographie et l’urbanisme. Je met en lumière ce qui est caché dans la ville.

La nuit, la vitrine se transforme avec une projection de photographie devenant un lieu d’expérimentation dans l’espace public. Les habitants sont surpris et curieux de voir une proposition artistique sur cette surface inoccupée.

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DSCF8882Vidéo-projection de photographie sur la vitrine.

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Projection sur le mur d’en face.

Intersection

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Sophie Beneteau : Comment laissez-vous glisser votre œil de citadine sur les quartiers populaires ?

 SofiA : Sensible aux friches industrielles, aux chevauchements métalliques, je réinterprète la ville en mouvement ; la ville qui apparaît, disparaît, qui se construit et se déconstruit. Au travers de mes balades et de mes voyages, je repère, croque, photographie le mouvement des populations, la vibration des machines, les murs décrépis tels des cicatrices urbaines. Se forme alors un répertoire d’images qui servira de matière première pour mes compositions picturales.

Sophie Beneteau : Pourriez-vous nous expliquer l’origine de cet attrait pour les paysages urbains qui semble être récurrent dans votre travail de plasticienne ?

 SofiA : Mon atelier est situé dans la rue de la Chapelle (Paris 18), enclave urbaine entre deux voies ferrées. C’est un quartier en pleine restructuration qui a influencé directement ma dernière série de peintures. J’invite à poser le regard sur les transformations dans la ville. Ces univers ne sont pas éloignés des atmosphères mécaniques de mon enfance, partagée entre le garage automobile familial et la menuiserie de mon grand-père.

Sophie Beneteau : Entre jeux de couleurs et lignes de force, vos peintures jouent sur les accumulations  chromatiques et graphiques, quelle place occupe ces deux notions dans la composition de vos peintures ?

 SofiA : Mes dessins se chevauchent sur la toile, s’entrelacent, se superposent. J’utilise des pastels pour poser un trait affirmatif assurant la spontanéité des dessins. Mes toiles posées à même le mur assurent le déploiement du geste.

La trame graphique, presque irréelle, est dynamisée par une palette vibrante et lumineuse. La couleur est un moyen qui rééquilibre cette profusion de lignes apportant des effets de profondeur et des ajustements de volume. L’ensemble donne naissance à des palimpsestes de lignes et de couleurs.

Extrait d’une interview réalisée le 11/11/11.

Sophie Beneteau : How do let your city eyes slide over the working-class districts?

SofiA: Sensitive to the industrial wasteland, metalic overlap, I interprete the movement of the city, the town which appears and disappears, which constructs and destroys itself. During my strolls and my travels, I sketch, draw; taking pictures of the movement of the population, the machines’ vibrations, the decrepit walls cracked like urban scars. A repertory of images is created by this experience, which will act as raw materiel for my pictorial compositions.

Sophie Beneteau: Can you explain the origin of your attraction for urban views, which is recurrent in your artwork?

SofiA: My workshop is located in the 18th district of Paris, an urban enclave between two railroads. It is a neighbourhood, currently being transformed by a rehabilitation project, which directly influenced my last series of paintings. I invite people to have a look at the city in transformation. This universe does not differ so much from the mechanic atmospheres of my childhood, split between the family car repair shop and the joinery of my Grandfather.

Sophie Beneteau: Between the interplay of colours and lines of force, your paintings play on chromatic and graphic accumulation – what space do these two notions fill in the composition of yours canvases?

 SofiA: My drawings overlap on the canvas, interlace, superimpose upon one another. I use pastel to place a strong, affirmative line, assuring the spontaneity of my drawings. My canvases, which are placed directly against the wall, allow me to display my hand movement.

The graphic framework, almost unreal, is rendered dynamic by a vibrant and luminous palette. The colour balances this profusion of lines, each bringing its own impression of depth. The ensemble gives birth to palimpsests of line and colour.

Extract of interview done the 11/11/11.

Men at work

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