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R.I.R. 28/01/18 # 15H-16H

Les abréviations, les réductions sont présents au quotidien dans notre communication. Ceux-ci permettent de gagner du temps, de se reconnaitre entre personne du même corpus professionnel ou groupe social.Ils deviennent des nouveaux mots.

Pour commencer cette année 2018, je souhaite mes vœux en offrant une petite œuvre sur laquelle est inscrite l’acronyme R.I.R. qui signifie pour moi :

Relier. Intervalle. Racine.

Tout au long du mois de janvier, je vais recueillir la définition de ce sigle auprès des personnes que je vais rencontrer.
Cette liste de mot issue des initiales R.I.R. sera inscrite sur la rambarde du Pont des Arts le 28 janvier entre 15h et 16h
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Tanabata

À La dernière heure du jour, le saule pleureur a cueilli des écritures au cœur de la Cité.

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Cette installation artistique s’inspire de la fête des étoiles, en japonais Tanabata, les arbres des temples se recouvrent de feuille colorée sur lesquels sont écrits des vœux.

Le texte Sous l’invocation du dieu des anciens objectifs, de Toshiyuki Horie, raconte une histoire imaginaire mêlant des faits historiques : «  Car le rameau d’olivier rapporté dans son bec par la colombe familière de la vraie catastrophe devrait pouvoir devenir la plus sûre des barres de contrôle pour boucher l’orifice dans la tête de ceux qui viendront après nous et pour rétablir la couleur. »

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Ce texte a été manuscrit en français sur du papier bible et en japonais sur du papier de riz. La reprographie de ces feuilles fait évoluer la taille de l’écriture afin de troubler la lecture. Le regard oscille alors, entre la graphie et le sens des mots.

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Des feuilles de papier coloré vierge étaient à la disposition des passants curieux. Ils pouvaient y écrire leurs vœux. L’installation se colorait ainsi des pensées citadines. Cette action amène un espace de manœuvre inattendu entre l’idée et l’expérience.

(E)mouvoir

Pour la fête de la musique, j’ai dessiné sur le sol du Belvédère de Belleville une portée musicale prenant l’allure d’une piste de course. Une fois les lignes tracées, j’ai interprété une danse libre en rythme avec la musique invitant le public à se joindre à moi.

Lors de mon dernier voyage en terre nippone, j’ai observé la réalisation minutieuse des marquages de terrain sportif. Au cours d’un rituel quotidien, les joueurs tracé sur le stade des lignes semblables à des dessins éphémères.

Cette œuvre évolue par l’action du public, le passage des spectateurs sur les lignes de plâtre modifie continuellement la portée tout au long de la soirée.

Par des actions simples, je mobilise les passants à s’approprier leur territoire quotidien.

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Tanabata/ 7/07/17 # 21h-22h

Je disposerai sur le saule pleureur situé au bout de l’île de la Cité des feuilles de papier découpées. Le texte Sous l’invocation du dieu des anciens objectifs, de Toshiyuki Horie sera manuscrit sur du papier bible.
La reprographie de ces feuilles fera évoluer la taille du texte afin de troubler la lecture. Le regard oscillera entre la graphie et le sens des mots.

La fête des étoiles, en japonais Tanabata, se déroule autour du 7 juillet, les arbres des temples se recouvrent de feuille colorée sur lesquels sont écrits des vœux.

Cette œuvre évoluera grâce à l’interaction sociale, les spectateurs pourront écrire leurs pensées et les disposer sur l’arbre. Cette action intensifiera le tissu social en développant une citoyenneté active.

Faire des mères : Serais-tu plutôt cocotte ou mère poule ?

Dans la continuité de mes recherches sur l’altérité et l’intervalle, j’ai réalisé une œuvre éphémère détournant le livre de Nancy Huston Journal de la création. Cette installation in situ a été conçue pour l’événement « La rue aux enfants » situé sur le canal de l’Ourcq. Cette fête amène un lieu de rencontre et de mixité sociale qui est directement en lien avec mes réflexions artistiques. Le Cafézoïde a créé cette manifestation pour offrir aux enfants un espace de jeu et de liberté dans la ville.

L’auteur du Journal de la création évoque les mystères de l’amour, de l’inspiration et de la création à travers le récit de ses recherches sur les couples d’écrivains et le journal de sa propre grossesse. L’intégralité du Journal a été reprographié, puis sectionné afin d’obtenir des feuilles d’origami. Avec l’aide des festivaliers, dans une formule d’atelier, nous avons transformé ces bribes de texte en cocottes en papier. Cet objet relie à l’enfance, à la simplicité d’un geste connu mais parfois oublié. Ces temps de fabrication ont provoqué des conversations autour de la place de la femme ; le rôle des fêtes populaires ; l’apprentissage de l’autonomie et des limites.

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Nous nous sommes ensuite déplacés sur la passerelle reliant le quai de Marne et le quai de Seine pour y accrocher les cocottes ; les passants étaient également conviés à les y attacher. Ce passage, suspendu au-dessus de l’eau, offre un espace de respiration dans l’environnement très dense du quartier. L’installation a investi l’espace urbain par une manœuvre inattendue entre l’idée et l’expérience. J’ai convié les spectateurs à activer des souvenirs et des jeux de l’enfance auxquels chacun a prêté son propre poids symbolique : l’amour d’une mère ; l’importance de la liberté ; le fait de grandir.

Je privilégie l’expérience du beau en activant des phénomènes qui auraient pu rester de l’ordre de l’invisible et de l’intime: les fils de coton qui créent des dessins abstraits et évolutifs dans l’air ; les fragments du livre qui fondent une lecture vivante et décousue du texte.

Cette formule légère et prosaïque d’atelier, pour ensuite passer à la réalisation de l’œuvre in situ, constitue une immersion au cœur de la création. La forme de la cocotte est un objet graphique et simple qui ouvre des territoires d’expériences. En transportant cet objet improbable dans la ville, j’active des actions spontanées. Discrètement, j’apprête l’espace urbain pour que s’entrelace et se rencontre la diversité des cultures.

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Travail+Pont= Bonheur?

Cette œuvre fait partie d’une série d’installations s’inspirant des fêtes populaires. Elle a été réalisée en direct avec la participation du public sur la passerelle Léopold Sédar-Senghor.

Les fêtes populaires sont des vecteurs de lien et d’altérité. Elles rythment et scandent le temps par leur répétition en rassemblant les participants autour d’un thème simple. Ces moments se situent dans un interstice propice à la rencontre et à la félicité, offrant une temporalité en parallèle du travail, de la famille ou des loisirs. Robert Stadler dit de l’art populaire qu’il « naît loin des sociétés de consommation, basé sur la tradition d’un peuple échappant à la question du goût, du style et de la mode. L’art populaire est donc avant tout un art local. Décontextualisé, l’art populaire fascine par une curiosité désarmante (…) c’est la conscience de l’art contemporain. » Pour Gerard Deschamps « ce terme ne désigne pas seulement celui qui perpétue des traditions anciennes ou même récentes, il peut tout aussi bien qualifier un art qui trouve son public. » Je rajouterai ici, qu’il trouve sa place dans l’espace public, où les individus et les idées peuvent se rencontrer en toute liberté.

Pour la fête du travail, j’ai proposé aux passants ma réflexion sur le métier d’artiste : « Comment, par nécessité, les artistes sont-ils amenés à s’éloigner de leur domaine d’activité ? »

Le public était convié à réaliser des avions en papier avec mes CV, mes lettres de motivation et les offres d’emplois auxquelles j’ai postulé. Une fois les avions confectionnés, ils les accrochaient à la rambarde du pont. La question du travail était abordée avec humour et légèreté.

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Les passants étaient curieux, ils ouvraient les avions pour lire, ils s’interrogeaient sur la raison de ceux-ci: « Des vœux pour trouver un emploi ? Un employeur qui utilise une nouvelle technique de recrutement ? » Ils ont été sensibles à cette action. Lors du premier essai pour cette installation, j’étais toujours à la recherche d’un emploi. Les passants faisaient preuve d’encouragement et de soutien. Des conversations ont été initiées sur le statut de l’artiste, comment le définir, qu’est ce qu’un artiste ? Est-ce que la problématique du compromis face au travail peut être élargie à tous les corps de métier ?

Les participants étaient généralement accompagnés d’enfant, reléguant les activités manuelles au domaine de l’enfance. Réaliser un pliage d’avion en papier n’est pas une activité sérieuse, elle est donc pour les enfants. En témoignage du public : « Cette activité était l’occasion de ressentir ma capacité à participer à une production de façon autonome et de céder à ma crainte de l’échec en public qui me conduit si souvent à être passif. »

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Origine de cette installation :

A mon retour du Japon, j’ai décidé de me réinstaller sur Paris. J’ai commencé à chercher du travail en tant que médiatrice dans les musées ou les structures culturelles. Après quelques mois de recherche, puisque rien n’aboutissait, j’ai ouvert mon champ d’action à des métiers que j’estimais plus facile : assistante en communication, agent touristique, hôtesse d’accueil, serveuse, etc. J’extrayais de mes expériences les compétences qui étaient requises pour ces emplois. N’ayant toujours pas de réponse, je suis revenue vers mon cœur de métier en lien avec les arts visuels. J’ai postulé à une annonce pour être artiste-animatrice d’atelier d’arts plastiques et ma candidature a été retenue.

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Ce premier mai, la météo était orageuse avec un fort vent qui a donné de l’ampleur à l’installation, les avions s’envolaient réellement en se déchirant de leur point d’attache. L’aspect éphémère était très prégnant, je raccrochais continuellement des nouveaux avions, ayant l’impression de devenir Sisyphe ; comme trouver un travail adéquat, un recommencement perpétuel.

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QUE MÈNERA LE BATEAU ?

Œuvre éphémère et participative pour le 1 avril.

Les fêtes populaires sont des vecteurs de lien social, des moments de convivialité et de rencontre, mais aussi des champs de possibilité, où les apparences de la réalité peuvent s’inverser, se transformer. Cet esprit carnavalesque vit encore dans la tradition du poisson d’avril. Le poisson d’avril est le jour des fous, le jour de ceux qui n’acceptent pas la réalité ou la voient autrement. J’ai voulu mobiliser la force critique de cette journée pour aborder la blague qui nous accapare tous, à savoir la politique et la campagne des élections présidentielles.

L’installation artistique invitait les passants à s’exprimer simplement sur la politique. J’ai convié les citoyens à participer à une étude symbolique et ludique en fabriquant un bateau en papier. Ils écrivaient leurs sentiments, opinions, points de vue sur la feuille de papier, qu’ils pliaient ensuite en forme de bateau, puis les mettaient à l’eau. Les bateaux amarrés les uns aux autres ont doucement fait évoluer l’installation. A la levée des bateaux, je dépliais les bateaux pour révéler les écrits et les dessins des participants. Une vingtaine de personnes ont contribué à cette étude artistique, elles ont pris leur mission très à cœur aussi bien dans l’écriture du message, que dans le pliage.

L’enchevêtrement des bateaux et de leurs amarres peut être comparé à la complexité des voies et des perspectives qu’on retrouve dans la société réelle. Le résultat devient ce vivre en commun des individualités.

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Border line # 02

Au Japon, les cartes sont très nombreuses dans l’espace urbain. Leur facture peut être simple ou sophistiquée, quelquefois manuscrites. J’ai réalisé un millier de photographies de cartes ; elles me serviront de base de donnée pour des pièces à venir.

Deux trames photographiques ont dérivé de mon étude :

L’ORDINAIRE

Je mets en image les situations banales qui révèlent des liens et des hiatus caractérisant l’humanité. Les objets triviaux recèlent d’une poésie intrinsèque. Ils sont, pour moi, le médiateur de l’altérité.

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Made in Tanaka /2016

 

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Made in Ohara / 2016

 

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Made in Tsukiji / 2016

 

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Made in Fukakusa / 2016

 

L’ORTHOGONALITÉ

La droite est un élément très présent dans la culture japonaise. Les maisons traditionnelles sont structurées par des successions de lignes parallèles et perpendiculaires : Le shoin-zukuri, les shojis, les tatamis, les plafonds. Ces lignes se retrouvent également dans la calligraphie.

Cette profusion de droites est régulièrement présente dans l’espace urbain dans les zones de chantier, les barrières de sécurité, les marquages au sol, les lignes électriques, etc.

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Made in Matsugasaki / 2016 /

 

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Made in Chome 31_Komagome / 2016 /

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Made in Ohara # 03 / 2016 /

 

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Made in Ohara #04 / 2016 /

 

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Made in Ohara #02 / 2016 /

Border line # 02

Les cartes que j’ai collectées m’ont servi de matière première pour dessiner. Je reproduisais abstraitement ces plans en sélectionnant des lignes et des formes.

La notion d’ordinaire se retrouvait dans le choix des médium que j’utilisais : bureautique (papier machine presque transparent, papier carbone, crayon, café) ; scolaire (craies, feutres, gouache, couleur primaire). Il existe une taille de feuille classifiée « B », un peu plus grande que la norme « A ». Ce format m’a plu car il change du format utilisé en général.

TRANSCRIPTION

En bibliothèque, ma demande de carte s’adaptait selon le niveau de compréhension et de communication. Je me laissais guider par les propositions des bibliothécaires.

J’utilisais des feuilles très fines pour décalquer les ouvrages de cartographie. Mon regard était attentif pour extraire les lignes et les graphismes. Je modifiais les cartes en occultant une partie des informations pour mettre en avant l’aspect symbolique de la carte.

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Sans titre / 2016
Feutre et encre sur papier de correspondance japonaise / 17,6 x 25 cm

 

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Sans titre / 2016
Feutre et encre sur papier de correspondance japonaise / 17,6 x 25 cm

 

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Sans titre / 2016
Feutre et encre sur papier de correspondance japonaise / 17,6 x 25 cm

 

 

ECHO

Dans l’atelier, je travaillais avec des impressions de photographie des cartes issues de l’espace urbain. J’intercalais plusieurs feuilles de carbone et des feuilles de papier fin. Je dessinais en aveugle, reprenant des lignes du plan aléatoirement. La superposition des feuilles amenait une perte d’intensité jusqu’à la presque disparition du dessin. Cette technique était un moyen pour illustrer la perte progressive des informations, d’usure.

dscf2030Sans titre / 2016
Carbone et encre sur papier bible / 21 x 29,5 cm

 

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Sans titre / 2016
Carbone et encre sur papier bible / 21 x 29,5 cm

 

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Sans titre / 2016
Carbone et encre sur papier bible / 21 x 29,5 cm

 

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Sans titre / 2016
Carbone et encre sur papier bible / 21 x 29,5 cm

 

dscf1971Sans titre / 2016
Carbone sur papier bible / 21 x 29,5 cm

 

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Sans titre / 2016
Carbone sur papier bible / 21 x 29,5 cm

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Sans titre / 2016
Carbone sur papier bible / 21 x 29,5 cm

 

Border line # 02

Lors d’un premier voyage au Japon, ma recherche portait sur les liens entre la nature et la culture, plus particulièrement l’observation du Wabi-sabi, notion si difficilement explicable par des mots.
La lecture du livre de Roland Barthes, L’empire des signes, a orienté mon regard vers la carte.
Ma démarche consiste à détourner l’utilisation des cartes et des objets ordinaires pour développer mes réflexions sur notre relation à l’environnement et à l’altérité.

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Made in Maranouchi / 2016 /
Photographie contrecollée sur aluminium/
50×70 cm

La carte a été une clef d’introduction à la culture japonaise. Elle m’a servi d’outil pour interagir avec les habitants. De ces relations, j’ai développé des créations performatives, photographiques et graphiques.

Au cours de ce voyage de recherche, je développais une action quotidienne ; je demandais aux passants de m’orienter en dessinant une carte. Cet acte me servait de lien pour communiquer avec les japonais à travers le dessin.

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Je m’adressais auprès de différentes catégories de personnes (âges, genres, corps de métier, etc.) pour avoir des réactions variées. Je leur offrais en échange du plan qu’elles me donnaient, une petite œuvre graphique. Les personnes étaient sensibles à ce geste. Ce temps de marche dans les villes me permettait d’observer finement la vie ordinaire.

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From Corme-Royal / 2016 /
Petites oeuvres graphiques.

 

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From Kofu’s inhabitants / 2016 /
Cartes récoltés à Kofu.
A Kofu, je résidais en face d’une école. Toutes les semaines les marques du terrain de sport étaient dessinées avec une machine à tracer fonctionnant avec de la poudre. Les lignes s’effaçaient et se superposaient au fil du temps, créant un dessin monumental et éphémère.

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Pour cette performance, je me suis inspirée d’actions quotidiennes qui m’ont touchées : tracer, balayer et arroser les plantes.
J’ai repris un plan obtenu au cours de mes interactions avec les habitants. J’ai choisi celui de la papeterie car ce lieu était très agréable et foisonnant d’articles de bureau.
J’ai dessiné une marque au sol avec la machine à tracer. Une fois la marque inscrite, je l’effaçais aussitôt en balayant et en arrosant avec de l’eau. Cette performance a mis en geste le travail de terrain réalisé pendant le mois sur Kofu. En sortant de leur contexte des actions ordinaires, j’invite les habitants à porter leur regard sur le rythme du quotidien.

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La vigne sauvage et l’arc-en-ciel, Miyazawa Kenji

« L’arc-en-ciel ne put réprimer un sourire.

– Vous avez raison. Il est vrai qu’il n’y a rien qui ne change. Regardez là-bas le ciel de ce beau vert diapré de malachite. Bientôt le soleil passera, et lorsqu’il s’enfoncera dans les montagnes, l’horizon prendra la couleur des pétales d’onagre. Avant peu, les nuances terniront et céderont la place au reflet argenté du crépuscule. Puis viendra la nuit émaillée d’étoiles. Où serai-je alors ? Les belles collines que j’ai maintenant sous les yeux, les prairies se dégradent, puis s’effondrent. Mais si la Vérité* se montre à travers ce qui s’altère et se flétrit, le transitoire et l’éphémère, toutes choses alors possèdent la vie éternelle. Jusqu’à moi, qui ressens la même joie de recouvrir le ciel trois secondes ou trente minutes.

– Mais vous, vous resplendissez haut dans le ciel ! Les herbes, les fleurs, les oiseaux tous chantent votre louange !

– Il en est de même pour vous. Tout ce qui vient à moi et me permet de briller vous fait resplendir également. Les louanges qui me sont adressées vous sont pareillement destinées. Songez à Celui qui voit les choses dans la Vérité et qui n’a pas seulement tenté de comparer les lys des champs à un roi parmi les hommes à l’apogée de sa gloire * Car il a jugé à la lumière de la vérité et de l’éternité la prospérité à laquelle l’homme aspire. Dans cette lumière, le plus infime grain de poussière qui s’élève en même temps que les étranges nuages qui émanent de l’orgueil des hommes n’est pas inférieur au lys sacré des champs loué par le Fils de Dieu.

– Enseignez-moi la Voie. Emmenez-moi. Je ferai tout ce que vous voudrez !

– Je ne vais nulle part et vous ne quittez jamais mes pensées. Ceux qui vivent dans la même lumière de Vérité sont toujours unis et ne connaîtront jamais la ruine. Toutefois vous ne me verrez plus. Le soleil est à présent trop loin. Les pies grièches vont s’envoler. Le moment est venu de vous dire adieu.

Un sifflement strident se fit entendre du côté de la gare.

Les pies grièches prirent leur envol vers l’est d’un même élan, tels des instruments de musique éclatés saisis de folie, dans un vacarme assourdissant.

La vigne sauvage crié :

  • Arc-en-ciel, emmenez-moi ! Ne me laissez pas !

L’arc-en-ciel, estompé déjà, ébaucha un sourire à peine perceptible. Il était maintenant invisible.

Les reflets argentés du ciel se firent plus vifs. Les pies grièches menaient un tel tapage que les alouettes, un peu malgré elles, s’élevèrent à leur tour dans le ciel et grisollèrent d’un ton légèrement discordant. »

 

*En japonais, makoto. Terme pouvant signifier aussi bien la vérité que le renoncement au moi, voire la foi, dans son sens le plus large, qui n’était par pour Kenji un don mais une forme de volonté.