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A propos sofiA///Beneteau

Artiste / Intervalle/ Cartographie / Recherche / Science / Graphique / Dessin / Peinture / Photographique / Structure / ...

Sans adresses, Roland Barthes

Les rues de cette ville n’ont pas de nom. Il y a bien une adresse écrite, mais elle n’a qu’une valeur postale, elle se réfère à un cadastre (par quartiers et par blocs, nullement géométrique), dont la connaissance est accessible au facteur, non au visiteur : la plus grande ville du monde est pratiquement inclassée, les espaces qui la composent en détail sont innommés. Cette oblitération domiciliaire paraît incommode à ceux (comme nous) qui ont été habitué à décréter que le plus pratique est toujours le plus rationnel (principe en vertu duquel la meilleur toponymie urbaine serait celle des rues-numéros, comme aux Etats-Unis ou à Kyoto, ville chinoise). Tokyo nous redit cependant que le rationnel n’est qu’un système parmi d’autres. Pour qu’il y ait maîtrise du réel (en l’occurrence celui des adresses), il suffit qu’il y ait un système, ce système fût-il apparemment illogique, inutilement compliqué, curieusement disparate : un bon bricolage peut non seulement tenir très longtemps, on le sait, mais encore il peut satisfaire des millions d’habitants, dressés d’autre part à toutes les perfections de la civilisation technicienne.

 

L’anonymat est suppléé par un certain nombre d’expédients (c’est du moins ainsi qu’ils nous apparaissent), dont la combinaison forme système. On peut figurer l’adresse par un schéma d’orientation (dessiné ou imprimé), sorte de relevé géographique qui situe le domicile à partir d’un repère connu, une gare par exemple (les habitants excellent à ces dessins impromptus, où l’on voit s ‘ébaucher, à même un bout de papier, une rue, un immeuble, un canal, une voie ferrée, une enseigne, et qui font de l’échange des adresses une communication délicate, où reprend place une vie du corps, un art du geste graphique : il est toujours savoureux de voir quelqu’un écrire, à plus forte raison dessiner : de toutes les fois où l’on m’a de la sorte communiqué une adresse, je retiens le geste de mon interlocuteur retournant son crayon pour frotter doucement, de la gomme placée à son extrémité, la courbe excessive d’une avenue, la jointure d’un viaduc ; bien que la gomme soit un objet contraire à la tradition graphique du Japon, il venait encore de ce geste quelque chose de paisible, de caressant et de sûr, comme si, même dans cet acte futile, le corps « travaillait avec plus de réserve que l’esprit », conformément au précepte de l’acteur Zeami ; la fabrication de l’adresse l’emportait de beaucoup sur l’adresse elle-même, et, fasciné, j’aurais souhaité que l’on mît des heures à me donner cette adresse). On peut aussi pour peu que l’on connaisse déjà l’endroit où l’on va, diriger soi-même le taxi de rue en rue. On peut enfin prier le chauffeur de se faire lui-même guider par le visiteur lointain chez qui l’on va, à partir de l’un de ces gros téléphones rouges installés à presque tous les éventaires d’une rue. Tout cela fait de l’expérience visuelle un élément décisif de l’orientation : proposition banale, s’il s’agissait de la jungle ou de la brousse, mais qui l’est beaucoup moins concernant une très grande ville moderne, dont la connaissance est d’ordinaire assurée par le plan, le guide, l’annuaire de téléphone, en un mot la culture imprimée et non la pratique gestuelle. Ici, au contraire, la domiciliation n’est soutenue par aucune abstraction ; hors le cadastre, elle n’est qu’une pure contingence : bien plus factuelle que légale, elle cesse d’affirmer la conjonction d’une identité et d’une propriété. Cette ville ne peut être connue que par une activité de type ethnographique : il faut s’y orienter, non par le livre, l’adresse, mais par la marche, la vue, l’habitude, l’expérience ; toute découverte y est intense est fragile, elle ne pourra être retrouvée que par le souvenir de la trace qu’elle a laissée en nous : visiter un lieu pour la première fois, c’est de la sorte commencer à l’écrire : l’adresse n’étant pas écrite, il faut bien qu’elle fonde elle-même sa propre écriture.

 

Extrait du livre L’empire des signes de Roland Barthes.

Borderline#03- 2016

L’exposition Borderline#03 s’est construite comme un espace de création ouvert sur la ville. Ce temps d’expérimentation a amené le public à découvrir l’évolution de mes propositions artistiques au fil du mois.

Je me suis inspirée de la structure du bâtiment pour recouvrir les grandes baies vitrées d’un mur de brique. Ce premier vitrail en monochrome blanc, a donné lieu à une sensation d’enfermement ou de cocon, selon les spectateurs.

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Vue d’ensemble / 2016 /
Vitrine au blanc de Meudon / 850x220 cm

La nuit, ce mur factice se recouvrait de photographies réalisées pendant mon voyage au Japon. L’exposition s’étendait dans la rue, jusque sur les murs des immeubles voisins. Pour le vernissage, une double vidéo-projection amenait les spectateurs à apprécier les similarités et les différences entre les constructions françaises et japonaises.

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Vue d’ensemble / 2016 /
Vitrine au blanc de Meudon / 850x220 cm

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Un réseau de lignes est apparu sur la vitrine, ramenant progressivement la lumière. Le dessin du plan d’architecture de l’aéroport Charles de Gaulle et des lignes de vol d’avions entre Paris et l’ailleurs a fissuré les briques.

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Puis, j’ai fait évoluer radicalement le vitrail en ôtant une partie du “mur” pour le remplacer par une proposition minimaliste : une série de six cartes, positionnée en hauteur. Par ce dispositif, l’accessibilité à la carte étaient modifiée.

Ces pièces minimalistes faisaient écho à la profusion de ligne du mural.

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Sans titre/ 2016 /
Gravure au blanc de Meudon sur verre / 100x60 cm

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Made in Japan (vue de l’extérieure) / 2016 / 

Photographie vidéoprojeté sur verre peint/ 330×220 cm

En parallèle à la création du vitrail, j’ai proposé une œuvre participative. Le film d’animation Paperman en a été la source d’inspiration. Le détournement des outils de bureau, conçus pour être fonctionnels, se sont transformés en objets poétiques. J’ai choisi d’utiliser des feuilles de papier A4 colorée, des attaches papillons, des clips.

La photocopieuse est devenue une machine graphique. Jouant avec les reproductions, j’ai superposé les plans de l’aéroport Charles de Gaulle. La construction d’un avion géant venait contraster avec la profusion des petits avions.

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Œuvre participative / 2016 / 
Avions en papier/200x120 cm

L’exposition s’est clôturée par une performance. Sur toute la hauteur de la vitrine, j’ai écrit le texte Sans adresses extrait du livre  L’empire des signes de Roland Barthes. Il donne l’amorce de ma résidence à venir au Japon.

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Sans titre & Sans adresse / 2016 /
Vue intérieure et extérieure du texte manuscrit / 260x220 cm

 

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Sans titre & Sans adresse / 2016 / 
Vue intérieure du texte manuscrit / 260x220 cm

Border line # 01

Cette installation a été réalisée sur la vitrine d’un magasin désaffecté. La surface vitrée a été transformée en un tableau noir en négatif.

Deux thèmes s’y entrecroisent : la cartographie et l’urbanisme. Je met en lumière ce qui est caché dans la ville.

La nuit, la vitrine se transforme avec une projection de photographie devenant un lieu d’expérimentation dans l’espace public. Les habitants sont surpris et curieux de voir une proposition artistique sur cette surface inoccupée.

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DSCF8882Vidéo-projection de photographie sur la vitrine.

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Projection sur le mur d’en face.

Lignes urbaines & organiques

Au retour de mon séjour en Asie, j’ai sélectionné des photographies du Népal, de la Thaïlande, du Laos, du Viêt-nam,

du Cambodge, de la Birmanie et de
la Malaisie amenant les spectateurs à découvrir ma vision de ces pays.

Mon regard se pose sur les figures nées du hasard. Sous ce prisme, je mets
en exergue des compositions où se rencontrent des constructions humaines et des formes naturelles.

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Lignes urbaines & organiques / 2013 / Photographie contrecollée sur aluminium / 52×70 cm

© SofiA Beneteau

T R A C E [S] -2014

Pour la nuit blanche, je réalise une performance à partir de traces trouvées dans le quartier des sept mares dans la ville d’Elancourt.

Cette performance est la première étape de la résidence autour du paysage à la Commanderie des Templiers.

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Installation performative pour la Nuit Blanche/ 2014

Papiers marouflés sur panneau en bois/ Video-projection de photographies/
220×366 cm

© SofiA Beneteau

Explorer le bâti à partir des failles et interstices; Créer un paysage entre empreintes urbaines et transfert de lieu insoupçonné; Jouer avec les perturbations visuelles des photographies en éternelles mouvements; Inviter les habitants à se laisser surprendre; Ouvrir les regards sur les mécanismes de l’imaginaire.

Lien sur le site de la NUIT BLANCHE                                                                                       .logo-Nuit-Blanche-2014-PARIS1-e1406045016453-940x1645

Balade urbaine

Cette balade proposait aux habitants du Nord de Paris de découvrir leur quartier sous l’angle des chantiers de démolition et de restructuration.
Le point de départ de la balade était l’ancien site de l’usine de la Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain (C.P.C.U.). C’était un bâtiment symbolique du paysage urbain du 19ème arrondissement.
J’avais accroché sur les grilles les dessins montrant les principales phases de destruction de l’usine.
Le point d’arrivé se situait sur le pont de Crimée. Des reproductions des tableaux de la série “Good Bye C.P.C.U.” y avaient été affichés sur des pancartes, tel un manifeste artistique.
Un marquage au sol permettait de relier les deux sites.

Durée : Juin 2012.

Public: Enfants, adolescents, adultes.

Objectifs: Relier deux arrondissements par le dessin et la peinture /// Découvrir son quartier au rythme de la marche.

Localisation : Grille de l’ancien site C.P.C.U, Paris 19 /// Le pont Crimée, Paris 18.

© SofiA Beneteau

Résidence à la commanderie des Templiers 2014-15

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Pendant ce temps de résidence, je réaliserai un travail de retranscription des traces qui entourent notre quotidien. La trace est le signe visible du mouvement, elle apporte un questionnement sur le temps et sur le geste, sur l’acte et le vestige.

Mon travail photographique rentrera en résonance avec mes productions graphiques pour faire naître des paysages jusqu’à créer une nouvelle réalité.

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Résidence centre d’art CACIS – 2014

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Durant le mois d’avril, je serais accueilli en résidence dans le centre d’art contemporain Cacis El Forn de la Calç.

Au cours de cette résidence, ma recherche portera sur la capacité de la nature à reprendre un espace créé par l’homme. L’étude de la mutation de la matière face au temps, à la lumière, au biotope me fascine. Les bâtiments ont été sensiblement transformés par l’apparition de micro-organismes. Ma recherche sera nourrie par la mise en relation entre l’éphémère et le pérenne, l’ombre et la lumière, le visible et l’invisible.

Le centre d’art se situe dans la municipalité de Calders à environ 50 kilomètres de Barcelone.

CACIS: Centre de production, et investigation sur l’art contemporain et environnementale

www.cacis.cat/ www.cacisforndelacal.blogspot.com